LES PAYS CELTES
Vous allez adorer l’Irlande, l’Ecosse et le Pays de Galles avec Alainn Tours !

Un piquant voyage dans les comtés de Cork & Kerry en Irlande

À l’heure où il est tellement important d’encourager chacun d’entre nous à planter des fleurs sauvages, des arbres et à respecter l’environnement, le sujet de la préservation et protection des abeilles est devenu une priorité. Un cri d’alarme s’est levé et ce ne sont pas les apiculteurs irlandais qui diront le contraire.

Les anciens celtes vénéraient les abeilles et la déesse Brigid, qui était la patronne des druides et des bardes. Ils imaginaient que ces précieux insectes arrivaient sur terre depuis un paradis sous-terrestre appelé Sidh peuplé de Fées et de Lutins.

Jardin Brigits, Rosscahill, Galway

Par la suite, Brigid, fut assimilée à Saint Gobnait, une guérisseuse et faiseuse de miracles née au 6ème siècle qui protégea son peuple à l’aide des abeilles.

L’industrie apicole était bien sûr omniprésente sur ces terres celtiques recouvertes de nombreuses forêts et où les abeilles pullulaient. Chaque lopin de terre cultivé possédait sa ruche et les familles profitaient du miel utilisé dans la nourriture, la boisson et la médecine des druides.

Durant le haut Moyen-Age, l’importance de cette activité était telle qu’elle suscita l’apparition de textes de loi consacrés aux soins et à la propriété des essaims : Le Bechbreta à retrouver ici.

Dans les magnifiques comtés de Cork & Kerry au sud de l’Irlande, nous avons tendus l’oreille, en quête de la déesse Brigid et du bourdonnement singulier des abeilles…

La péninsule de Beara, au Sud Ouest de l'Irlande

UNE ABESSE GUERRISSEUSE

Le christianisme prit ses marques avec la venue de Saint Patrick au 6ème siècle en Irlande. Fort adroitement et plutôt que de couper des têtes ou de brûler les hérétiques, les premiers religieux pratiquèrent la technique de l’assimilation  : Brigit, déesse des Abeilles devenue Sainte Gobnait par la grâce de Dieu tout puissant, en est un bel exemple de la fusion de croyances païennes et chrétiennes.

Sainte Gobnait est donc un saint médiéval, et une fois n’est pas coutume, il s’agit d’une femme dont le couvent fut construit dans le comté de Cork en Irlande.

Inspirée par la nouvelle religion catholique, elle fut d’abord une voyageuse : ses pérégrinations l’amenèrent aux îles d’Aran dans l’ouest sauvage de l’Irlande - et plus particulièrement à Inisheer ou un oratoire lui est dédié.

Croix celtiques, Inisheer, Ile Arran

A peine posée, un ange lui glissa dans l’oreille de poursuivre son périple jusqu’à trouver un endroit où elle apercevrait des cerfs blancs, un animal très présent dans la mythologie celtique.

Elle fit comme le Petit Poucet et mue par une foi indéfectible - que l’on ne trouve décidemment que chez ces religieux fortement inspirés - elle s’en alla semer sur son passage des églises comme celles de Dunquin dans le comté de Kerry, de Dungarvan dans le comté de Waterford et de Kilgobnet…avant de se poser finalement à Ballyvourney, près de la frontière entre Cork et Kerry.

A noter qu’un saint dénommé Abban - fils du roi Cormac de Leinster - y avait déjà pris la place, mais en galant homme qu’il était, céda volontiers quelques acres de terre à Sainte Gobnait pour lui permettre l’établissement d’une communauté de femmes.

Mais quel est donc le rapport entre notre sainte femme illuminée et les abeilles me direz-vous ? Revenons en justement à nos amies ailées…

Sainte Gobnait se fit connaître grâce à ses talents de guérisseuse et pratiqua avec entrain l’apiculture à l’abbaye de Ballyvourney. Elle devait probablement utiliser la cire pour fabriquer ses cierges et le miel pour concocter ses baumes.

St Gobnait Church Ballyvourney

La légende raconte même qu’elle chassa des bandes de voleurs - supposés être les O’Donoghues des Glens - en leur envoyant par dessus tête des essaims remplis d’abeilles. Une technique d’attaque que l’on trouvait précédemment chez les romains…

Dans une autre version, la ruche est devenue une cloche qui s’est transformée en symbole : celui de la cloche de Gobnait.

De là à faire un raccord – très opportuniste je vous l’accorde – avec les maisons clocháin du Keery, il n’y a qu’un pas…que nous allons franchir sans coup férir !

Maison cloche, Dingle, Irlande

DES MAISONS COMME CELLES DES ABEILLES

On voit effectivement certaines de ces « maisons de ruche » dans la péninsule de Dingle dans le comté de Kerry  qui prouvent sans nul doute, que les hommes se sont inspirés du travail remarquable des abeilles et de leurs talents d’architecture.

Localement, ces maisons élaborées avec des pierres locales, ressemblent à l’habitat des abeilles, façon « cloches ». Les premières sont apparues en Irlande durant le haut moyen Age du 6ème au 10ème siècle. Des constructions populaires similaires existent un peu partout en Europe, ainsi en France à côté de Perpignan à l’intérieur des terres, nous avons nous mêmes rencontrés un apiculteur qui rangeait ses outils dans une cabane identique abandonnée au milieu des ronces.

Maisons cloches, Dingle Irlande

L’IMAGERIE SACREE DE SAINTE GOBNAIT

Pour ceux qui voudraient découvrir l’image de Sainte Gobnait, il faut se rendre à la Chapelle Honan sur le campus de l’University College à Cork. Son portrait idéalisé (voir photo ci-dessus) surgit au milieu de vitraux réalisés par Harry Clarke, un peintre-verrier irlandais du 19ème siècle. Ce dernier - très influencé par le renouveau celtique et le symbolisme - l’imagina diaphane, le front bien dégagé comme il était de coutume à l’époque médiévale, vêtue d’une robe bleue et entourée d’abeilles.

A Ballyvourney, le sculpteur Séamus Murphy quant à lui, la figea dans la pierre de façon traditionnelle ; sa statue crée en 1950 la montre en prière façon Vierge de Lourdes.

Statue de Saint-Gobnait Irlande, Ballyvourney

Enfin, le curé de la paroisse de Ballyvourney protège encore religieusement une relique en bois datée du 13ème siècle, offerte à la commune par les descendants de la famille O’Hierlihys en 1843.

Certaines familles catholiques - menacées par la Réforme - cachaient des générations durant, un certain nombre de symboles religieux compromettants ; il est probable aussi que la famille O’Hierlihys ait gardé l’espoir de bénéficier de la protection de Sainte Gobnait des siècles durant…la peste et la petite vérole n’étant jamais trop loin, toutes les solutions étaient bonnes…

Un véritable pèlerinage naquit d’ailleurs à Ballyvourney au Moyen-Age, attirant des milliers de pèlerins venus des comtés voisins et en 1601, une indulgence particulière fut accordée par le Pape à tous ceux qui, le jour de la Saint Gobnait, visitaient l’église pour aller à confesse.

Désormais, chaque 11 février se déroule dans la commune - et selon un périple bien défini - des séries de procession qui passent notamment par l’église.

On peut y écouter les murmures des pèlerins à défaut de ceux des abeilles qui ont pris la poudre d’escampette, affolées sans doute par un excès de Paters, Aves, Credos etc.

Abeilles

L’une des messes - assimilées à des sortes de rondes - est dite autour d’un puits sacré dans lequel nous vous recommandons de ne pas tremper vos lèvres…enfin si vous voulez rester en bonne santé.

Dans tous les coins d’Irlande, il n’est pas rare de croiser de tels sanctuaires construits autour d’une source d’eau et d’un puits. Les anciens y déposaient des petites offrandes : des images "saintes", de petites statuettes ou des poèmes. Il y a souvent un arbre ou un buisson à proximité où pendaient des chiffons et des rubans, tandis qu’une tasse permettait aux voyageurs d’étancher leur soif. La coutume se poursuit encore à Ballyvourney et ailleurs.

Curieusement, les fouilles qui ont eu lieu dans l’église ont permis de mettre en évidence aussi de nombreux travaux de ferronnerie sur le site. Sainte Gobnait aurait elle été copine avec la confrérie des métallos de l’époque ?

Dans les bois alentours, des rumeurs prétendent que la cellule de Saint Abban – évoqué plus haut – et sa tombe sont enfouies dans les bruyères. Au croisement d’un bosquet, peut-être qu’une abeille vous montrera le chemin…car comme le dit si bien l’adage, il suffit de demandez aux abeilles sauvages ce que les Druides savent !

UN TOAST D’HYDROMEL POUR FINIR EN BEAUTÉ

Mais que serait ces belles histoires de déesses, de miel et d’abeilles, sans un dernier toast d’hydromel porté à la santé de nos amies les abeilles ?

*breuvage fabriqué à partir de miel, d’eau, de malt et de levure

Cette boisson est censée avoir des pouvoirs merveilleux, notamment en matière d’immortalité et de bonne santé. On imagine autrefois les premières celtes gallois et bretons levant le coude et choquant leurs verres - pardon…leurs cornes - après quelques batailles bien senties.

Si l’hydromel existe toujours en Irlande comme en Pays breton, les voyageurs que nous sommes auront peut-être aussi l’occasion d’en découvrir une version dérivée baptisée Irish Mead.

Plutôt doux et agréable en bouche, ce vin irlandais atypique – servi surtout lors des mariages - est fabriqué avec du miel et d’herbes aromatiques ; il est produit principalement dans la région de Clare…où serait née notre joyeuse Sainte Gobnait !

« Pas folle la Guêpe »

Cet article a été écrit par

Corine LEDANOIS

Co-fondatrice Alainn Tours
Management, projets de Communication & Développement Agence
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