LES PAYS CELTES
Vous allez adorer l’Irlande, l’Ecosse et le Pays de Galles avec Alainn Tours !

Une autre histoire industrielle en Irlande du nord

Question : Quel lien existe-t-il entre le Titanic et le lin ?

Réponse : la construction de ce paquebot a permis à toutes les industries d’excellence de répondre à de grosses commandes… Le plus bel artisanat et les matériaux les plus raffinés d’Irlande furent utilisés pour décorer ce navire emblématique. Le lin fabriqué dans le nord de l’île, réputé pour sa texture et son toucher incomparable, n’échappe pas à la règle.

Les plus beaux effets à bord de la 1ère classe du Titanic

Avant de s’élancer sur les traces du savoir-faire artisanal irlandais, il convient de consacrer un peu de temps à la visite du Musée du Titanic à Belfast dans les quartiers des docks. Ce bâtiment gigantesque et avant-gardiste, imite à merveille la proue d’un navire à 32 mètres de haut et fait partie intégrante des projets touristiques les plus ambitieux de l’Irlande du nord.

Musée Titanic, Belfast, Irlande du Nord

Le Titanic construit en 1912, a permis à nombre d’industries de s’exprimer de la plus belle façon, ainsi les manufactures de lin William Liddell qui avaient approvisionné le paquebot en serviettes et nappes aux emblèmes de la compagnie White Star Line.

Cette fabrique – et d’autres comme celle bien connue de Thomas Ferguson & Co – ont eu l’idée par la suite de reproduire à l’identique l’assortiment de linge des cabines réservées aux passagers de 1ère classe. Mauvais goût, opportunisme, chacun en pensera ce qu’il voudra…

L’Ulster, berceau de l’industrie textile

Le nord-est de l’Irlande, et plus particulièrement les 6 comtés de l’Ulster*, a toujours été riche en main d’œuvre et en ressources hydrauliques ; la région constitua pour une génération d’hommes entreprenants, un terrain de jeu idéal pour le développement de la Révolution industrielle. Avec les chantiers de construction navale, le traitement et la transformation textile furent des sources majeures d’emplois durant des siècles. * Antrim, Armagh, Derry (Londonderry), Down, Fermanagh, Tyrone

Dès le 18ème siècle, le gouvernement lança des incitations pour encourager les populations rurales à cultiver la fibre de lin : l’Irish Linen Board publia une liste de personnes ayant reçu des primes pour sa plantation et les comtés de Donegal et Tyrone dans la province d’Ulster figuraient en premières places, reflétant déjà l’importance du lin dans l’économie locale. Les gens qui plantaient un acre de lin recevaient quatre rouets, et ceux qui plantaient cinq acres recevaient un métier à tisser.

13. Tissage artisanal, Foxford, Irlande

En 1900, 65 000 personnes travaillaient dans la filature du lin dans toute l’île et si le pays figurait en tête du box office en terme de production et d’exportation, cette industrie - dont la mécanisation s’est par la suite accélérée - fit appel à l’emploi de dizaine de milliers d’enfants et d’adultes dont les conditions de vie furent particulièrement difficiles.

Un musée à la gloire du lin à Lisburn

Dans la Vallée de Lagan, à une 15ènes de kilomètres au sud-ouest de Belfast, on peut visiter le Irish Linen Centre & Lisburn Museum à Lisburn qui renferme une collection d’objets relative à l’industrie du lin en Irlande.

Ce musée se trouve dans l’ancienne Halle du marché qui fut le théâtre d’un important commerce de linge. La marchandise arrivait à Lisburn par bateaux entiers depuis la rivière Lagan.

Irish Linen Centre & Lisburn Museum, irlande

De nombreuses personnes tirèrent profit de ce commerce et virent leur quotidien s’améliorer. Certaines familles aisées furent même à l’origine de la construction de villages liniers dans les campagnes de l’Ulster. Des cités modernes furent bâties à proximité immédiate d’une usine principale avec des centaines de maisons à étages garnies de toits en ardoise, une place centrale et une école…Ces villages ouvriers font désormais partie du patrimoine culturel du pays.

On peut mentionner dans tout l’Ulster quelques villages ouvriers dont les noms se sont inscrits dans les livres d’histoire :

  • Bessbrook construit par les Richardson en 1845 sur la rivière Camlough
  • le Moulin de Hilden exploité par la famille Barbour dans le comté d’Antrim au nord de Lisburn avec des ateliers de filage dans lesquels travaillaient jusqu’à 2000 ouvriers en 1823
  • Sion Mills fondé par la famille Herdman

Non loin de Lisburn, une pause bucolique au lac de Lough Neagh, créé selon la légende par le géant Finn Mac Cool, s’impose histoire de faire trempette dans l’une des plus grandes réserves naturelles d’eau douce d’Europe occidentale (392 km2). Réputé pour la pêche à la truite et au saumon, c’est un lieu de promenade idéal pour goûter aux joies de la campagne irlandaise.

Lurgan explique aussi beaucoup

En poursuivant la route dans le sens des aiguilles d’une montre sur l’autoroute M1, la ville de Lurgan dans le Comté d’Armagh, a été elle aussi un centre majeur de l’industrie textile et en particulier du lin. Pendant la révolution industrielle, elle comptait jusqu’à 18 000 tisserands !

Certains moulins datent de l’âge d’or de la ville, tandis que de larges portes et rues rectilignes sont encore sur pied, ces dernières permettant aux attelages lourdement chargés de marchandises de circuler plus aisément.

Le château Brownlow House en grès écossais de style élisabéthain, sa tour en forme de lanterne et son coffee shop méritent un petit détour. Il fut la propriété du seigneur anglais William Brownlow à la fin du 17ème siècle et représente sans nul doute le point d’attraction principal de l’étape.

Le château Brownlow House, Lurgan, Armagh, Irlande du Nord

Il serait bien entendu dommage de ne pas en profiter pour faire une escale dans la ville d’Armagh dans le comté du même nom. Celle-ci a la particularité de posséder 2 cathédrales, l’une protestante et l’autre catholique dédiée à Saint Patrick qui prêcha ici au 5ème siècle. Une ville érudite durant le Moyen-Age, fut pillée à maintes reprises. Ruinée, Armagh ne retrouva la prospérité qu’au 18ème siècle grâce notamment au commerce du lin.

Cathedral St Patrick, Armagh

Sur la partie orientale du parc, on peut apercevoir de belles demeures géorgiennes, tandis qu’à la sortie sur la route de Killylea, le Navan Centre and Fort abrite les derniers vestiges de Emain Macha, ancienne résidence des rois celtiques d’Ulster.

Cap sur le vaste Comté de Tyrone

Dans ce vaste comté de l’Ulster, on trouve des points d’intérêt touristiques variés comme des ensembles de mégalithes datant du néolithique et des forts de l’ ge de bronze et du fer. A titre d’exemple, le complexe archéologique de Beaghmore Stones non loin de Cookstown formé de 7 cercles de pierre et de 12 cairns vraisemblablement funéraires. Ce site fut découvert dans les années 1940 lors d’une coupe de tourbe, matière utilisée alors comme combustible. Pas facile à trouver, mais pour les amateurs de sérénité et de lieux mystiques, ça vaut vraiment la visite.

00. Cercles de pierres à Beaghmore

Et pour tous ceux qui sont attirés par les châteaux plein de charme perdus au milieu de nulle part, le Harry Avery’s Castle à Newtownstewart bâtit au 14ème siècle par un chef de clan local, a de quoi surprendre ; ouvert toute l’année et d’accès libre, il reste deux tours jumelles et un donjon majestueux. Personne à l’horizon, sinon quelques vaches en pâturage…

Sans le vouloir, ce périple sur la route du lin - qui n’est finalement qu’un beau prétexte à parcourir l’Ulster - pourra nous ramener au pied d’un dernier moulin : celui de Wellbrook Beetling Mill qui servit jadis à travailler le lin au moyen de pilons de bois actionnés par une roue à aubes. Ceci pour rendre le tissu le plus souple possible.

Wellbrook Beetling Mill, Irlande du Nord

L’Irlande du nord est donc pleine d’anciennes fabriques en pierres avec cheminée en brique d’argile rouge ou de moulins. Dispersés à travers le paysage le long des rivières ou des barrages, ils sont les témoins d’un riche héritage industriel. Malheureusement, beaucoup sont en ruines ou interdits à la visite, il faut bien se renseigner sur les périodes et horaires d’ouverture.

Des moulins à la Chaussée des Géants, il n’y a qu’un pas

En 1736, un membre de la famille Clark se rendit dans un endroit appelé Upperlands dans le comté de Derry (Londonderry). En observant la rivière couler et le mouvement de l’eau, il eut l’idée d’un moulin à eau utilisé pour la fabrication du lin. Par la suite, son affaire prospéra sous le nom de William Clark & Sons.

Aujourd’hui, Upperlands est classé comme un petit hameau tranquille. Son développement économique n’a cessé de ralentir au fur et à mesure des années…
C’est donc avec un certain empressement, que d’un pas de géant, nous rejoindrons la mer et les côtes d’Antrim voisines pour profiter pleinement d’une échappée touristique exceptionnelle…celle de la Chaussée des Géants.

Formé par les laves d’une éruption volcanique, ce décor naturel atypique qui a tant inspiré la série Games of Thrones, a été formé par un pavement et un enchevêtrement de plaques monumentales qui s’enfoncent dans les eaux de l’Atlantique.

La chaussée des géants en Irlande du Nord

Autre lieu vertigineux s’il en est dans ce comté, le pont à corde de Carrick-a-Rede près de Ballintoy. Suspendu à 30 mètres au dessus des rochers, il fut élaboré il y a plus de 350 ans par des pêcheurs de saumon désireux de rejoindre l’île de Carrick. Avis aux amateurs de sensations fortes !

Carrick a Rede, pont suspendu, Antrim, Irlande du Nord

A Bushmills, le périple de cette histoire industrielle dédiée au lin s’achève. Il a été un fil conducteur pour visiter de vieilles pierres chargées de mémoire, prendre un dernier verre de whiskey dans la distillerie d’un village ou monter à bord d’un train à vapeur avant de revenir en France les bras chargés de cadeaux.


La fabrication du Lin

Fabriqué à partir de la plante de lin - une mauvaise herbe au départ qui ne nécessite qu’un peu d’eau -, sa fibre a été transformée très tôt en tissu, du plus commun au plus luxueux.

Le processus de fabrication est resté le même au travers les âges, hormis le phénomène de mécanisation.

Les tiges de lin arrachées sont d’abord étendues en nappes à même le sol pour en extraire les fibres. Cette phase de rouissage (pourriture et séchage) donne aux champs une beauté graphique inspirante.

Les tiges sont ensuite traitées pour en extraire la fibre (teillage).

Raclée et peignée, celle-ci sera ensuite filée avant d’être tissée.

Cet article a été écrit par

Siobhán BONNICHON

Conseillère voyages Alainn Tours & Collaboratrice
Spécialiste Circuits Individuels Sur Mesure, Irlande & Ecosse
Développement Canada

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